Maquette de ruine

 Parcours réflectif

Tout d’abord, j’ai eu la volonté de matérialiser mes rêves en maquette pour pouvoir les voir sous tous les angles, pour les revivre ou les concrétiser. Je ne sais pas vraiment.

Puis m’est venue la volonté de faire une maquette lumineuse, puis de faire un arbre lumineux un peu surréaliste ou fantastique. Un arbre qui ressemble à un rêve ou à un émerveillement. S’en est suivi l’idée de faire un paysage autour de cet arbre, un paysage fantastique tout en lumière.

Mon inspiration c’est la nature, mais aussi ma fascination pour l’art celte et notamment l’architecture primitive (dolmen, etc.). Je pouvais ensuite faire le rapprochement avec le mysticisme, le spirituel, mais aussi l’enfance, les contes pour enfants et les légendes.

Je me suis alors interrogée sur les éléments qu’il y aurait dans cette maquette. Qu’est-ce que j’allais représenter ? J’avais aussi la volonté de diversifier les éléments pour qu’il y ai une certaine variété.

Puis a germé l’idée de ce que j’allais faire de cette maquette. Je voulais la filmer. Filmer ma maquette ou même DES maquettes pour pouvoir faire une sorte de film avec des éléments de décors variés.

Mais, je me suis à nouveau interrogée sur l’organisation des éléments entre eux. Après avoir esquissé des formes potentielles dans la maquette, je me suis demandée quelle forme aller avoir la maquette. Rectangulaire ? Sphérique ? Circulaire ? …

Ce qui comptait pour moi au final, c’était la volonté de faire un bel objet, autour duquel on pouvait tourner pour pouvoir avoir différents points de vue.

Par la suite, je voulais donner du sens à la maquette de part sa forme et ce qu’elle représentait. Je n’avais pas perdu à l’idée de représenter la nature. C’était bien présent. D’ailleurs c’est toujours présent. Mais je ne voulais pas une nature domptée comme dans beaucoup de maquette. Je voulais une nature sauvage et inexplorée. Plusieurs fois, j’ai eu l’idée de faire des petits paradis, représentés par des îles cernées d’eau, ou bien des cascades entourées de verdures, etc.

Je me suis demandée ensuite : comment montrer cet objet ? Cette interrogation rejoint ma réflexion sur la forme que doit avoir la maquette et ma volonté de faire une maquette immersive. Car lors de mes recherches théoriques et dans mes croquis, j’ai souvent imaginé la présentation de la maquette dans un espace muséal et donc son rapport aux spectateurs. Mais je voulais que cette création imaginaire se fonde dans l’espace et le modifie afin de nous immerger dedans. C’est un thème qui me tenait à cœur lors de mon projet de fin d’étude. Je me suis donc naturellement orientée vers l’idée de la vidéo-projection que j’ai déjà expérimentée. Le soucis étant que j’avais l’impression d’être bloquée par cette technique, car elle me semblait trop « primitive » et « illusoire ».

En étudiant cette possibilité, j’ai évidemment fait le rapprochement au cinéma et plus particulièrement aux effets spéciaux et aux maquettes de cinéma. Mais je ne prétends pas vouloir faire du cinéma. Je n’ai pas envie de créer une technique existante. Peut-être est-ce que je cherche à concevoir un nouvel outil immersif ? Il est vrai que je préfère inventer que de faire quelque chose qui existe déjà. Mes interrogations sont-telle technique ou de l’ordre de ce qui est représenté ?

Au-delà du partage de cette maquette à la vue des spectateurs, je me suis recentrée ce que je voulais représenter. Je voulais rapprocher cette pratique à des concepts écologiques, à la volonté de représenter des architectures enfouies, englouties ou disparus pour cause de changement climatique.

Je me suis donc intéressée aux objets et aux architectures qui ressurgissent du passé. Cela m’a donc donné l’idée d’une stratification des époques. Une sorte de succession de couche géologique, mais aussi archéologique et historique qui émergent et qu’on découvre de manière inattendue.

J’avais la volonté que ce soit la maquette qui sorte de son socle pour s’étendre dans l’environnement. Cela à la manière d’un objet qui déploierait un hologramme dans l’espace dans lequel il est exposé.

Puis la réflexion étant trop étendue, j’ai décidé de passer à l’acte en concevant enfin une maquette.

Ce texte est issue d’un long travail réflectif que j’ai noté au fur et à mesure de mes idées. J’en ai fait ensuite une synthèse après la conception de la maquette.

Cette maquette, comme cette réflexion fait partit d’un tout. Le tout étant toutes les créations que je produits. Chaque création doit être vue comme une pièce d’un puzzle.