Ma démarche artistique

Les techniques

Aujourd’hui, mes expériences multiples me poussent à utiliser autant les pinceaux que la tablette graphique. En effet, la pluralité des techniques traditionnelles (acrylique, huile, aquarelle, gouache) et numériques me permettent chacune d’exprimer des choses qui me touchent profondément.

Il me plaît de slalomer entre les mondes digitaux et palpables, comme il me plaît de traiter des sujets qui évoquent souvent le passage d’un état à un autre ou d’un monde à un autre. Ainsi, en fonction de mon état de pensée et des sujets, je choisis le pinceau ou la tablette graphique.

J’apprécie également de mixer les matières et les médias entre eux. Il m’arrive souvent de commencer une toile à l’acrylique et de la finir à l’huile. Chaque matériau présente ses avantages, ses qualités plastiques et son rendu visuel. Les traces que je choisis de ne pas masquer par des transparences, donnent un aspect authentique à la peinture. Ainsi les différentes couches de peintures donnent de la matière et permettent un rendu plus riche et contrasté.

Dans mes créations numériques, il y a le même traitement par couche. J’essaye même parfois de rendre la trace du pinceau digital, comme pour donner du mouvement dans le temps et faire comme si l’image avait pu être altérée.

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Les couleurs

Dans l’ensemble, je travaille mes couleurs pour obtenir des harmonies colorées et j’aime utiliser les complémentaires pour faire vibrer les couleurs.

J’utilise des couleurs saturées presque sorties du tube et des couleurs mélangées. Les couleurs saturées et franches donnent une ambiance surréelle, digitale et un peu futuriste. Les couleurs que je mélange pour former d’autres couleurs choisies et désaturées, donnent un aspect plus naturel et réel qui empêche l’oeil d’être trop assailli par les couleurs saturées. La superposition par transparence de ces couleurs désaturées sur saturées, permet d’avoir un rendu contrasté, tout en gardant une force colorée.

Les sujets

Les sujets que je choisis se prêtent bien aux successions de couches et de passages de peinture qui vont dans le sens de la notion d’entredeux. Les formes, les tâches et les surfaces se fragmentent. L’oeuf, le masque, les escaliers, les portes ou même l’eau sont autant d’objets ou de lieux qui se présentent dans un état, mais qui en cachent un autre. Ce sont des transitions en devenir qui occultent un avenir proche et sur le point d’apparaı̂tre, mais pour lesquels une étape reste encore à franchir.

Je pense que mon inspiration vient avec l’air du temps et avec ce qui me touche personnellement. Mais j’essaie de garder de la distance en intériorisant les événements tout en ayant une vue d’ensemble, pour créer quelque chose de cohérent et qui ait du sens pour moi. Je pense que cela a à voir avec l’inconscient. Je travaille encore cette théorie.

Je place souvent le sujet au centre du cadre où il occupe une bonne partie de l’espace. Mes compositions sont donc définies par le sujet choisi. J’essaye tout de même de garder des espaces de respiration et de contemplation d’où nous pouvons laisser notre esprit s’évader. La contemplation me semble être une notion importante de ma pratique étant donné que c’est comme cela que je procède pour trouver comment accompagner mon sujet. Je vagabonde dans mon esprit, je contemple un beau paysage, j’admire la direction artistique d’un film, ou je me  perds dans la description d’un environnement ou d’un événement dans un livre.

Mes inspirations

Les artistes qui m’inspirent le plus sont les Romantiques, les Surréalistes, quelques Symbolistes et  principalement les rêveurs. En effet, de par la sensibilité des uns, la dérision et les histoires fantastiques des autres, cela fait un beau mélange onirique. Que ce soit dans la littérature ou même les encres de Victor Hugo, dans les peintures de Delacroix ou même de Turner, j’admire le déchaînement de la nature et les passions humaines.

Parmi les surréalistes, Dalı́ m’a beaucoup fascinée étant enfant et il me fascine toujours autant,  grâce à sa qualité technique d’artiste, mais aussi par son imagination qui dépasse l’entendement. Il a su sonder au plus profond de son inconscient et le traduire en image. Les surréalistes  m’inspirent aussi par le fait de pousser à la dérision des éléments du quotidien comme sait le faire Magritte.

De mon point de vue, certains réalisateurs de films comme Terry Gilliam et Jean Pierre Jeunet savent pousser la dérision vers une esthétique captivante. En effet, ils ont su exploiter certaines situations  tragicomiques au point de les rendre magiques et fantastiques. Ainsi, j’ai toujours une impression de rêverie nébuleuse, qui peut parfois tendre vers le cauchemar, lorsque je regarde un de leurs films.

Le symboliste Odilon Redon m’intéresse autant pour les sujets choisis (notamment dans la période  plus sombre) que par le traitement de l’image par couche (dans sa période plus colorée cette fois) qui donne un aspect ancien et mystérieux.

Pour conclure sur ma démarche

Grâce à mes sources d’inspirations et mes sujets, mon objectif serait de m’éloigner du rationnel pour  trouver un sens à ce que nous vivons dans l’inconscient. Ainsi, j’apprécie de m’éloigner de la réalité  directe de notre quotidien pour tendre vers une réalité plus profonde et immatérielle.

Et même si en apparence les sujets que j’aime représenter construisent notre environnement familier, j’utilise les couleurs, la composition, la touche picturale et les superpositions pour brouiller notre rapport aux sujets et ainsi apporter une autre dimension à ces derniers.

Il m’arrive de faire couler ou de gratter la peinture pour qu’elle se mélange. Il m’arrive aussi de faire des empreintes pour créer des accidents heureux entres les couleurs, et faire ressortir des formes imaginaires. Je suis alors comblée lorsqu’il commence à se dégager une irréalité du sujet familier. Le passage entre le monde réel et imaginaire est donc possible et il appartient à chacun de voir ce qu’il veut.

Ma démarche artistique

Les techniques Aujourd’hui, mes expériences multiples me poussent à utiliser autant les pinceaux que la tablette graphique. En effet, la pluralité des techniques traditionnelles (acrylique,

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